[ Imagen de cabecera: restos del fortín de la Alcantarilla destruido por el maremoto ]
El autor y la obra
Ponce Denis Écouchard Lebrun (1729-1807) fue un reconocido poeta francés amigo y coetáneo de Jean Racine, hijo del también poeta Louis Racine y nieto del célebre dramaturgo del mismo nombre, Jean Racine. El 1 de noviembre de 1755, día del desastre de Lisboa, Lebrun tenía 26 años mientras que el joven Jean rondaría la misma edad. Un año antes, en 1754, Jean había decidido trasladarse a vivir a Cádiz, donde había adquirido una quinta de terreno en el cercano asentamiento de la Isla de León con la intención de cultivar la vid y producir vino español. Estaba convencido de que no reunía el talento para las letras que habían desplegado su padre y su abuelo, y se defendía alegando que para él «un comerciante era más útil para la sociedad que un poeta mediocre». Lebrun nunca llegó a comprenderlo y por esa razón le dedicó una de sus odas filosóficas o moralistas titulada «A mon ami, le jeune Racine, partant pour Cadix et quittant les Muses pour le commerce» o «A mi amigo, el joven Racine, que parte hacia Cádiz y deja las Musas por el comercio», en el que viene a defender que el dinero y la riqueza no lo son todo. Sin embargo, el objetivo de Jean Racine no parecía otro sino la necesidad de ganarse la vida por sí mismo. Acompañado de su socio Jean Joseph Plissé Masson, se alojaron en una finca situada en la zona del Boquete, actual calle Plocia, donde se encontraban el día en que se desarrollaron los trágicos acontecimientos. Tras sentir las fuertes sacudidas sísmicas, Racine y Plissé Masson determinaron alejarse de la ciudad partiendo hacia la Isla de León a bordo de un carruaje ligero al que habían subido algunos pertrechos. Ambos socios y amigos perecieron ahogados a la altura del fuerte de la Alcantarilla, a pocos cientos de metros de alcanzar una zona segura. Solo sobrevivió un sirviente de apenas catorce años que fue testigo de su desgracia abrazado fuertemente a unos matorrales en el paraje de las antiguas Torres de Hércules, actual Torregorda. Pasado el peligro, aquel chiquillo corrió a pedir socorro a las autoridades cercanas, que encontraron el cadáver de Jean Racine al día siguiente, desnudo y víctima del expolio de los primeros saqueadores, hallándose a su compañero una semana después y en las mismas condiciones. Racine fue enterrado en la cripta de la iglesia de Santa Cruz y Plissé Masson en el cementerio del convento de los Mercedarios. La oda titulada «Sur les causes physiques des tremblements de terre et sur la mort du jeune Racine» o «Sobre las causas físicas de los temblores de tierra y sobre la muerte del joven Racine» contiene una estrofa en la que queda reflejada la visión dantesca relatada por aquel muchacho que fue testigo del ahogamiento. Traduzco aquí el poema completo por el interés que despierta la visión de la época en torno a estos fenómenos naturales, a caballo entre la resignación de la fe y la necesidad de encontrar una explicación científica.
Digitalización seleccionada
La digitalización del texto original que he seleccionado en este caso es la realizada por Google Books. Se trata de una edición parisina de 1811, salida de la imprenta de Charles Crapelet (1762-1809) en uno de los primeros trabajos realizados por sus herederos. Se trata de una publicación en 4 volúmenes, el primero de los cuales contiene todas las odas de Lebrun, un total de 142, algunas de ellas de contenido heroico, como es este caso. El resto son elegías, epigramas, traducciones e incluso su correspondencia con Voltaire, quien fue uno de los mayores exponentes de la Ilustración. Voltaire es el autor de la novela Cándido, cuyo argumento se desenvuelve precisamente en la capital de Lisboa arrasada por el terremoto y al ridículo de intentar explicar y abortar fenómenos naturales de esta índole a través de la religión y como producto de la ira de Dios.
Fuente:
Sur les causes physiques des tremblements de terre, et sur la mort de jeune Racine
Quels fléaux, malheureuse terre,
rassemblent tes antres profonds !
Le soufre, aliment du tonnerre,
y roule ses noirs tourbillons ;
des sels, des nitres, du bitume,
le mélange en grondant s’allume ;
les vents irritent leurs combats ;
et leur choc, signal des tempêtes,
fait tonner les cieux sur nos têtes,
et mugir l’enfer sous nos pas.
Ces feux, âme de l’harmonie,
semés, errans dans tous les corps,
quand leur puissance est réunie,
en troublent souvent les accords.
Des mers, excitant les ravages,
on les a vus, loin des rivages,
dans les airs lancer des vaisseaux ;
et plus d’une Isle épouvantée,
roulant sur sa base agitée,
se perdre en flammes sous les eaux.
Voyez ces monts, race effrayante,
peuple de géans en fureur,
qui de leur bouche foudroyante
jettent la flâme et la terreur.
De feux leurs têtes étincèlent ;
Ils versent des fleuves brûlans :
L’Hécla, le Vésuve s’entr’ouvre ;
et l’enfer, que l’œil y découvre,
bouillonne dans leurs vastes flancs.
Sans détruire l’antique masse
que presse l’océan des airs,
l’éternel en change la face,
mobile empire des revers.
Tout naît, tout meurt, tout doit renaître,
tout perd la forme de son être,
frêle ouvrage des éléments :
la nature, active et féconde,
sans cesse reproduit le monde,
éternel dans ses changements.
Un destin jaloux et suprême
circulé dans tous les climats :
sur le chaume et le diadème
il imprime, en courant, ses pas.
Tout cède, mer, peuple, rivage,
jouet constant d’un sort volage ;
nul roi ne l’enchaîne à sa cour :
il trompe une crédule joie ;
s’il passe sans toucher sa proie,
il la dévore à son retour.
Smyrne, Pompéïane, Héraclée,
et toi, Lima, ville des Rois,
du sein de la Terre ébranlée
vous disparûtes à sa voix !
Triste objet de son inconstance,
ta cendre atteste la puissance
du sort qui dompte l’univers ;
Lisbonne ! tu sens les atteintes
des foudres que n’ont pas éteintes
cinq lustres et deux cents hivers.
France! Albion ! Vous que la guerre
sépare encor plus que les flots,
autrefois une même terre
unissait vos peuples rivaux.
L’onde enleva dans sa furie
aux bords féconds de l’Hespérie,
les champs par l’Etna désolés.
Un orage est l’Hercule antique
qui des rives de la Boetique
détacha les climats brûlés.
Mais l’effroi dont frémit le Tage
passe aux isles de Gérion,
de l’Ebre aux sables de Carthage,
de l’Afrique aux champs d’Albion.
Les deux mers s’appellent, s’unissent ;
leurs flots se heurtent et mugissent
couverts de monstres bondissants,
et, du sein des ondes fumantes,
le gouffre des mers écumantes
vomit la flamme des volcans.
Quoi ! Le vaste amas de tes ondes
presse ces volcans allumés ?
Océan ! Tes voûtes profondes
les tenaient en vain renfermés !
Quoi ! Le ciel, pur et sans orage,
a vu les horreurs du naufrage
errer sur les flots entr’ouverts ;
et d’une rive désolée,
l’Amérique, en vain reculée,
s’épouvante au-delà des mers !
Quel bruit ! Quel horrible murmure !
Qu’announce ce tumulte affreux !
Purge le sein de la nature,
ouvre tes foyers orageux ;
feu vengeur ! sors de tes abîmes ;
épargne ou frappe tes victimes :
c’est trop effrayer les humains ;
quels forfaits poursuit ta colère ?
Quels rivages, quel hémisphère
menacent tes coups incertains ?
Dieux ! À la foudre étincelante
la guerre allume ses flambeaux !
L’Europe, encor pâle et tremblante,
de ses fils creuse les tombeaux.
Triste amante des funérailles,
pourquoi, déchirant tes entrailles,
chercher de nouvelles horreurs ?
Prends-tu cette onde mugissante,
ou la terre encor frémissante,
pour théâtre de tes fureurs ?
La tempête, agitant ses ailes,
comme un effroyable vautour,
couvre les yeux d’ombres mortelles,
et des mers fait l’immense tour :
des reflux troublant l’harmonie,
autour de la froide hibernie
l’onde bondit de toutes parts,
tandis que sa vague rapide
va, sous les colonnes d’Alcide,
de Cadix noyer les remparts.
Tor, qui grondes sur ces rivages,
mer ! Si tu connais la pitié,
épargne au moins dans tes ravages
l’objet de ma tendre amitié.
Hélas ! Aux rives du permesse,
le même âge, la même ivresse,
autrefois emporta nos pas !
Les Muses !… Quel destin bizarre,
quelle divinité barbare
t’enlève à jamais de leurs bras?
Reviens… La mer s’élance… Arrête !
Vois, crains, fuis ces flots suspendus !
Ils retombent !… Dieux ! La tempête
l’entraîne à mes yeux éperdus.
Divin Racine ! Ombre immortelle !
Ton fils… Il expire ; il t’appelle ;
volez, Muses, Grâces, Amours,
volez ! Sa bouche vous implore ;
Toi, déesse plus chère encore,
Amitié ! Volé a son secours.
Quels lauriers ceindront sa jeunesse,
s’il peut vaincre un destin jaloux ?
Que ses vertus et ma tendresse,
o mer ! Désarment ton courroux !
Tu fuis en étalant ton crime…
La Parque saisit sa victime,
et détourne ses yeux sanglants;
ses yeux même en versent des larmes ;
les Amours regrettent ses charmes ;
et les arts pleurent ses talents.
O Muses ! Recueillez ces restes
que l’onde et la Parque ont flétris !
Disputez à ces mers funestes
un triste et précieux débris.
Et toi, dont j’adore la cendre,
si tes Mânes daignaient entendre
des chants consacrés à ta mort,
que, pénétrant la rive sombre,
l’Amitié console ton ombre
des injustes rigueurs du sort !
Sobre las causas físicas de los temblores de tierra y sobre la muerte del joven Racine
¡Qué plagas, malhadada Tierra,
reúnen tus profundas cavernas!
El azufre, alimento del trueno,
rueda allí sus negros torbellinos;
sales, nitros, betún,
la mezcla con estruendo se enciende;
los vientos irritan sus combates;
y su choque, señal de tormentas,
hace tronar los cielos sobre nuestras cabezas
y rugir el infierno bajo nuestros pasos1.
Estos fuegos, alma de la armonía,
sembrados, errantes por todos los cuerpos,
cuando su potencia se reúne,
perturban a menudo los acordes.
De los mares excitando los estragos,
se les ha visto, lejos de las costas,
por los aires lanzar navíos;
y más de una isla espantada,
rodando sobre su base agitada,
se pierde en llamas bajo las aguas.
Mirad esas montañas, raza aterradora,
pueblo de gigantes en furia,
que de sus bocas fulminantes
lanzan llama y terror.
Sus cabezas resplandecen de fuego;
vierten ríos ardientes:
el Hekla2, el Vesubio, se abren;
y el infierno, que el ojo allí descubre,
bulle por sus vastos flancos.
Sin destruir la antigua masa
que presiona el océano desde los aires,
lo eterno cambia su faz,
imperio móvil de los reveses.
todo nace, todo muere, todo debe renacer,
todo pierde la forma de su ser,
frágil obra de los elementos:
la naturaleza activa y fecunda
sin cesar reproduce el mundo
eterno en sus cambios.
Un destino celoso y supremo
circula por todos los climas:
sobre la paja y la diadema3
imprime, corriendo, sus pasos.
Todo cede, mar, pueblo, costa,
juguete constante de una voluble suerte;
ningún rey lo encadena a su corte:
le engaña a una crédula alegría;
si pasa sin tocar a su presa,
la devora a su regreso.
Esmirna, Pompeya, Heraclea,
y tú, Lima, ciudad de reyes,
desde el seno de la tierra estremecida
¡desaparecisteis a su voz!4
Triste objeto de su inconstancia,
tu ceniza atestigua el poder
de la suerte que domina el universo;
¡Lisboa! Tú sientes los impactos
de los rayos que no han apagado
cinco lustros y doscientos inviernos.
¡Francia! ¡Albión! Vosotras a quienes la guerra
separa aún más que los oleajes,
en otro tiempo una misma tierra
unía a vuestros pueblos rivales.
Las aguas arrebatan en su furia,
desde las fecundas orillas de Hesperia5,
los campos desolados por el Etna.
Una tormenta es el Hércules antiguo
que desde las riberas de la Bética
separó los abrasadores climas6.
Pero el terror que hace bramar al Tajo
se extiende a las islas de Gerión7,
del Ebro a las arenas de Cartago,
de África a los campos de Albión8.
Los dos mares se llaman, se unen;
sus oleajes chocan entre sí y braman
cubiertos de monstruos saltarines,
Y, desde el seno de las olas humeantes,
el abismo de los mares espumosos
vomita la llama de los volcanes.
¡Cómo! ¿El vasto apilamiento de tus olas9
presiona esos volcanes encendidos?
¡Océano! ¡Tus bóvedas profundas
los tenían en vano encerrados!
¡Cómo! ¡El cielo, puro y sin tormentas,
ha visto los horrores del naufragio
errar sobre los oleajes entreabiertos;
y desde una ribera desolada,
América, en vano apartada,
se espanta más allá de los mares!
¡Qué ruido! ¡Qué horrible murmullo!
¡Qué anuncia este aterrador tumulto!
Purga el seno de la naturaleza,
abre sus fogones tormentosos;
¡fuego vengador!, sal de tus abismos;
perdona o golpea a tus víctimas:
demasiado es aterrorizar a los humanos;
¿qué crímenes persigue tu cólera?
¿Qué costas, qué hemisferio
amenazan tus inciertos golpes?
¡Dioses! ¡Con el rayo fulminante
la guerra enciende sus antorchas!
Europa, aún pálida y temblorosa,
de sus hijos cava las tumbas.
Triste amante de los funerales,
¿por qué, desgarrando tus entrañas,
buscar nuevos horrores?
¿Tomas tú esta ola bramante,
o la tierra aún estremecida,
como teatro de tus furias?
La tempestad, agitando sus alas,
como un terrible buitre,
cubre los ojos de hombres mortales,
y a los mares da una inmensa vuelta:
con reflujos que perturban la armonía,
alrededor de la fría Hibernia10
las aguas saltan por todas partes,
mientras su rápida oleada
va, bajo las columnas del Alcida11,
de Cádiz a ahogar las murallas.
¡Thor12, que retumbas sobre estas costas,
mar! Si conoces la piedad,
perdona al menos en tus estragos
el objeto de mi tierna amistad.
¡Ay! ¡En las riberas del Permesse13,
la misma edad, la misma embriaguez,
en otro tiempo llevaron nuestros pasos!
¡Las Musas!… ¿Qué destino extraño,
qué divinidad bárbara
te arrebata para siempre de sus brazos?
Vuelve… El mar se abalanza… ¡Detente!
¡Míralas, ten cuidado, huye de esas olas en suspensión!
¡Vuelven a caer! ¡Dioses! La tempestad
le arrastra ante mis ojos desesperados.
¡Divino Racine! ¡Sombra inmortal!
Tu hijo… expira; él te llama;
¡volad, Musas, Gracias, Amores,
volad! Su boca os implora;
tú, diosa aún más querida,
¡Amistad! Vuela a su rescate14.
¡Qué laureles ceñirán su juventud,
si logra vencer a un celoso destino?
¡Que sus virtudes y mi ternura!,
¡oh, mar!, ¡desarmen tu ira!
Huyes exhibiendo tu crimen…
La Parca sujeta a su víctima
y aparta sus ojos ensangrentados;
sus propios ojos vierten lágrimas;
los Amores lamentan sus encantos;
y las artes lloran sus talentos.
¡Oh, Musas! ¡Recoged estos restos
que las aguas y la Parca han marchitado!
Disputad a estos mares funestos
unos tristes y preciosos despojos.
Y tú, cuyas cenizas adoro,
si tus Manes se dignaran a escuchar
los cantos consagrados a tu muerte,
¡que penetrando en la ribera sombría,
la Amistad consuele tu sombra
de los injustos rigores de la suerte!
Notas:
- Describe así los efectos de una erupción volcánica, vinculada a las emanaciones de gases sulfurosos. ↩︎
- El Hekla es uno de los volcanes más conocidos de Islandia, que en los textos medievales fue considerado como la entrada al infierno. La mayor erupción acaecida en tiempos recientes tuvo lugar en 1947, aunque la actividad volcánica continúa. ↩︎
- Se refiere a que los efectos de los riesgos naturales no distinguen entre ricos ni pobres. ↩︎
- Los episodios catastróficos a los que se refiere fueron los siguientes: la conocida erupción de Pompeya y Herculano del año 79, el terremoto de Heraclea del 338, el terremoto de Esmirna de 1653 y el terremoto y maremoto de Lima de 1746. ↩︎
- Se refiere, en general a las costas occidentales de Europa. ↩︎
- Evoca a las columnas de Hércules, marcadas por el Estrecho de Gibraltar, y la separación entre las calurosas tierras de África y el clima templado de Europa. ↩︎
- Al ser mitológico Gerión y a sus ganados se les sitúan en la bahía de Cádiz. ↩︎
- Gran Bretaña. ↩︎
- Un maremoto está formado por olas superpuestas, como puede observarse en mucho vídeos difundidos en internet correspondientes a episodios reales. ↩︎
- Nombre poético de Irlanda. ↩︎
- Sobrenombre de Hércules. ↩︎
- Dios del trueno en la mitología escandinava, con cuyo martillo hacía estremecer la tierra. ↩︎
- Nombre de un río de Beocia, que nace en el monte Helicón y que fue consagrado a las Musas. Se utiliza como recurso poético. ↩︎
- Esta es la estrofa en la que se representa el relato del joven sirviente que acompañaba a Jean Racine y a su socio, y que fue testigo de su muerte. ↩︎

